Comme vous l’avez peut-être compris ou lu sur ma page de présentation, je suis alsacienne ! Je ne pouvais donc pas manquer vous parler de la façon dont on fête Noël en Alsace. Dès fin novembre et pendant tout le mois de décembre, la région tout entière s’illumine et prépare le Réveillon du 24 décembre. L’Alsace a conservé des us et coutumes du temps où la région était annexée à l’Allemagne avant 1870 et certaines traditions sont méconnues dans le reste de la France. Je vais ainsi vous faire découvrir avec plaisir les ingrédients indispensables d’un Noël alsacien…

 

dessin maudu concours noël petit

 

Cet article sera composé de quatre parties, chacune publiée un dimanche de l’Avent, comme si nous allumions ensemble chaque bougie de la couronne de l’Avent en attendant Noël ! 🙂 Pour cette première partie, je vais vous présenter :

Jetzt geht’s los ! (= c’est parti en alsacien !)

La couronne de l’Avent

Késako ?

Il s’agit de branches de sapin, d’if, de laurier, de houx et de gui assemblées en couronne (donc en forme de cercle). Celle-ci est ornée de pommes de pain, de rubans de couleurs ou autres petites décorations de Noël, et surtout de quatre grosses bougies rouges fixées au dessus. On la positionne généralement à plat en guise de centre de table.

Une nouvelle bougie est allumée chaque dimanche avant Noël. Chacune ne doit brûler que d’un quart de sa taille chaque weekend.  Elles se consument ainsi en décalage. Le décompte débute le 4ème dimanche avant le Réveillon soit la plupart du temps dès fin novembre (Cette année 2016 il s’agira des dimanches 27 novembre – 4 décembre – 11 décembre – 18 décembre). Généralement, on rallume toutes les bougies le soir de Noël pour les voir brûler jusqu’au bout…

C’est sur ce même principe que je posterai les 4 parties composant ce sujet, soit un article chaque dimanche de l’Avent.

photo article Noël Alsace 1
Psssst ! Pour réussir à en fabriquer une aussi belle, je vous dis tout par ici

 

Origine :

La couronne de l’Avent sans bougie est une tradition chrétienne née en Allemagne au XVIème siècle. Elle avait pour vocation de rappeler aux chrétiens le retour du Christ en décembre. L’Avent correspond aux quatre semaines qui précèdent Noël et vient du latin « adventus » qui veut dire « venue ». Le premier des quatre dimanche marque le Nouvel an des chrétiens et le début de l’année ecclésiastique.

La couronne de l’Avent avec les bougies a été inventée par le pasteur Heinrich Wichern dans un orphelinat de Hambourg au XIXème siècle. Les quatre bougies symbolisent les grandes étapes du salut avant la venue du Messie :

– La première est le symbole du pardon accordé à Adam et Ève.
– La deuxième est le symbole de la foi d’Abraham et des patriarches en la terre promise.
– La troisième est le symbole de la joie de David célébrant l’alliance avec Dieu.
– La quatrième est le symbole de l’enseignement des prophètes annonçant un règne de justice et de paix.

 

Avec mes yeux d’enfant… :

Etant gamine, je me souviens avoir fait plusieurs ateliers pour en fabriquer, à l’école ou avec ma mère. Le matériel pour les créer est en effet assez simple à réunir. Nous l’adaptions parfois et la faisions non en rond mais en longueur avec des bougies alignée.

 

Aujourd’hui :

La plupart des foyers alsaciens s’en procurent dans le courant du mois de novembre (certainement sans plus connaître la signification de cette tradition – moi la première avant de faire des recherches pour cet article !). Vous pouvez en trouver en vente chez tous les fleuristes dès le mois de novembre ou la confectionner vous-même.

 

DIY :

En cherchant un tutoriel DIY pour concevoir une couronne de l’Avent, je ne suis quasiment tombée que sur des couronnes, certes jolies et pour certaines originales, mais destinées à être accrochées et sur lesquelles il manquait un élément fondamental : les bougies de l’Avent permettant de décompter les quatre dimanches ! Avec ma soeur, j’ai donc décidé d’en fabriquer non pas une mais DEUX ! et d’en écrire les DIY moi-même. Les voici :

La couronne de l’Avent traditionnelle
Une couronne de l’Avent moderne et originale 

Le calendrier de l’Avent

Késako ?

C’est un calendrier en carton comportant 24 fenêtres numérotées de 1 à 24 et représentant les vingt-quatre premiers jours de décembre. La case n°24 – celle du jour de Noël – est généralement plus grande. Traditionnellement, chaque case contient un chocolat avec un dessin ou de forme différente.

Une case doit être ouverte chaque jour à compter du 1er décembre.

 

Je vous propose que nous ouvrions un calendrier de Noël « spécial Maudus » ensemble afin de nous préparer aux fêtes de Noël. Pour découvrir le cadeau journalier, likez la page FB de Maudus ou abonnez-vous au compte Twitter @MaudusTwittos.

 

Origine :

Le calendrier de l’Avent est né en Allemagne au XIXème siècle pour faire patienter les enfants en attendant Noël. A l’origine, il leur permettait de découvrir des images, mais peu à peu, celles-ci ont été remplacées par des friandises, des chocolats, des figurines ou des petits cadeaux.

 

Avec mes yeux d’enfant… :

Pour moi c’est THE tradition de Noël. Enfants avec ma sœur, nous avions chacune droit à un calendrier de l’Avent offert par nos parents et un par notre grand-mère paternelle. Ils étaient toujours accrochés côte à côte dans son hall d’entrée. C’était une vraie joie et impatience de traverser le jardin quotidiennement pour aller ouvrir notre petite case du jour ! Ma grand-mère habite à côté de là où j’ai grandi – Coucou Mamie ! (Oui ma grand-mère, plus de 90 ans, a une connexion internet, un Ipad et est susceptible de lire cet article #fière :-))

Grâce à notre insistance, nous avons réussi à faire durer la tradition jusqu’à nos 18 ans :-). …Aujourd’hui, les parents et grands-parents nous ayant laissé tomber sur ce coup-là :-p, nous la perpétuons entre sœurs et nous nous en offrons chacune un à l’approche du mois de décembre (voici celui qu’elle m’a offert cette année :-)) :

photo article Noël Alsace 2

 

Aujourd’hui :

Les marques se sont largement emparées de la tradition et vous pourrez trouver toutes sortes de calendriers. Il existe par exemple un calendrier Smarties, Kinder, Lego, etc. Cette tradition peut être détournée à souhait (cela me donne d’ailleurs pleins d’idées…:-))

Vous trouverez toutefois toujours le traditionnel calendrier de l’Avent avec du chocolat aux marchés de Noël alsaciens ou dans les supermarchés du coin.

 

DIY :

Vous trouverez sur le Net beaucoup de tutoriels qui détournent cette idée des 24 cases derrière lesquelles se cache un cadeau (j’ai moi-même plein d’idées et je me lancerai certainement dans la création d’un calendrier original pour l’année prochaine !). Mais pour réaliser son propre calendrier de l’Avent, je voulais trouver un DIY qui permette de créer LE calendrier de l’Avent sous sa forme originale ; en voici un super joli, bien expliqué et facile à réaliser du site de Princess Pastèque (j’adore ce nom !) 

Le Saint Nicolas

Késako ?

Le Saint Nicolas c’est le patron des écoliers, voyons ! « Saint Nicolas, patron des écoliers…. » (oui oui je chante tout en écrivant ces lignes). C’est un grand homme, super sympa, avec une barbe blanche, habillé de rouge, de gants blancs et tenant à la main un grand bâton (un cousin du Père Noël en somme). Il visite chaque maison sur sa mule, dans la nuit du 5 au 6 décembre, pour récompenser les enfants sages de friandises ou de pain d’épices.

La tradition veut que les enfants déposent, la veille au soir, leurs petits souliers ou une grande chaussette – rouge de préférence (qui peut être fabriquée pour être plus grande haha !) – devant la cheminée, en attendant le verdict du lendemain ainsi qu’un verre de lait pour le vieil homme et un sucre ou une carotte pour sa mule.

photo article Noël Alsace 3

Origine :

Mes recherches m’ont permis d’apprendre que le Saint Nicolas a vraiment existé !! Il fût évêque de Myre. Né entre 250 et 270 après J-C à Patara en Lycie (Turquie actuelle), il est mort le 6 décembre, vers 345 (voilà qui explique celaaaa !).

Bienveillant et généreux, il aurait accompli de nombreux miracles parmi lesquels : enrichir un homme, en lui lançant des pièces par sa cheminée (tiens donc !), qui n’avait d’autre choix que de vendre ses filles comme esclaves pour rembourser ses dettes (sympa le mec !), ressusciter trois enfants tués et découpés par un boucher (beurk, dégueu…) ou sauver de la tempête un bâteau amenant une cargaison de blé pour la ville de Myre.

Il devint ainsi au Moyen Age le patron des petits enfants et des écoliers. On raconte, depuis le XIIème siècle, qu’il va de maison en maison dans la nuit pour demander aux enfants s’ils ont été obéissants.

Il est en réalité le personnage à l’origine du Père Noël (aaah mais voilààà, je me disais bien !) puisque les premiers colons hollandais ont importé cette croyance chrétienne en Amérique où le nom de Sinterklaas est devenu Santa Claus en anglais. Ce n’est que dans les siècles modernes que le Père Noël a été associé à la naissance du Christ et et à la date du 24 décembre.

On peut dire qu’en Alsace et dans l’est de l’Europe, on fête donc deux fois la venue du vieil homme pour une double ration de petits cadeaux ! 🙂

 

Avec mes yeux d’enfant… :

J’ai le souvenir très précis de l’impatience que je ressentais au réveil dans mon lit et la joie quand nous découvrions, le 6 décembre au matin, des petits chocolats et clémentines déposés par le Saint Nicolas dans notre salon.

A l’école, dans les petites classes aussi, nous le fêtions avec une distribution de ces fruits et de chocolat chaud. Nous apprenions des comptines que nous chantions en son honneur et nous faisions des bricolages pou lui (avec du coton pour représenter sa barbe).

Etant devenue adulte, j’ai eu la chance de le rencontrer en vrai ! Eh oui, il venait chaque année dans notre amphithéâtre de Fac, interrompre le cours, pour notre plus grand plaisir afin de distribuer du vin chaud, des clémentines et oranges et des Männele miam… (Soyez patients, je vais tout vous dire après sur les Mannele !) !

 

Aujourd’hui :

La ville de Saint-Nicolas-de-Port, à 15 km de Nancy, abrite encore aujourd’hui dans sa basilique  une relique du saint : une phalange de sa main droite (encore une chose que j’ai apprise et à aller voir !). La petite ville est devenue un lieu de pèlerinage important ainsi qu’une étape sur la route de Compostelle. Chaque année, depuis 1245, le samedi le plus proche du 6 décembre, la basilique accueille une procession aux flambeaux autour des reliques du saint.

Fêter le Saint Nicolas est une tradition qui se perpétue dans les écoles et les foyers alsaciens. Beaucoup de villages alsaciens organisent, chaque 6 décembre, un défilé en présence du Saint dans sa tenue, sur un char, qui vient saluer et récompenser les enfants sages.

 

DIY :

J’ai confié la mission à ma copine de toujours, Cath, passionnée de couture, de nous concocter un DIY pour que vous puissiez fabriquer une jolie chaussette de Saint-Nicolas et la placer près de votre cheminée et à la porte de votre chambre le 5 décembre au soir :

Votre chaussette du Saint Nicolas

 

Les Männele

Késako ?

C’est une viennoiserie que l’on trouve dans toutes les boulangeries alsaciennes à l’approche du mois de décembre. Il s’agit d’une sorte de petit pain au lait ou brioche en forme de bonhomme qui a des yeux en chocolat (mmmmiam ! Je salive en écrivant cette partie). Des variantes consistent à le préparer avec des pépites de chocolat ou des raisins secs à l’intérieur.

Le nom, « Männele » peut aussi s’écrire Mannele est prononcé différemment selon que vous vous trouvez dans le nord  (le Bah-Rhin) ou le sud  (le Haut-Rhin) de l’Alsace. Pour moi (du nord) il s’agit d’un « Mennele » ; d’autres le prononcent « Mannala ».

On le mange généralement pour le quatre-heures avec un chocolat chaud (mais il n’y a pas vraiment de règle en fait, hein. C’est quand on en a envie ! :-p).

photo article Noël Alsace 5

J’ai été obligée d’acheter ce Mennele pour illustrer mon article puis de le manger. Je vous l’accorde ce n’est pas le plus réussi du monde (pour ne pas dire qu’il est carrément moche !) mais mon estomac n’a pas fait de différence…

 

Origine :

Ils sont créés dès le XVème siècle pour célébrer le 6 décembre et représenter le Saint Nicolas. Ce dernier en distribue aux enfants sages.

 

Avec mes yeux d’enfant… :

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours mangé des Mennele ! Plus spécialement le jour de la Saint-Nicolas.

 

Aujourd’hui :

Je mange toujours des Mennele ! Ils nous arrive régulièrement, courant décembre, entre amis ou en famille, de nous faire des goûters avec les fameux petits bonhommes et du chocolat chaud.

 

DIY :

Ahaha je suis tombée sur LE site dédié au Mannele avec tout ce qu’il vous faut pour les réaliser par vous-mêmes (recette, boutique d’emporte-pièce !) : http://www.mannele.net/

Sinon il vous faudra venir en Alsace et entrer dans la première boulangerie que vous verrez.

Si vous pensez détenir le secret (la recette) des meilleurs Mannele de l’univers tout entier, je suis toute ouïe !

 

Le Père Fouettard ou le Hans Trapp

Késako ?

Il n’y a pas que des trucs sympas pour Nöel en Alsace…Je vous présente le Père Fouettard ou le Hans Trapp comme on l’appelle tout au nord de l’Alsace. Il s’agit d’un personnage sombre et méchant, qui accompagne le Saint Nicolas dans sa tournée auprès des petits enfants et écoliers. Il punit de son fouet voire enferme dans une cage ceux qui n’ont pas été sages (eh ouais on déconne pas par ici)… Il est sale (de la suie sur le visage), a une grosse barbe noire, les cheveux hirsutes, mesure presque 2 mètres et est habillé tout en noir avec de grosses bottes, de façon pas du tout sophistiquée si je peux me permettre ! Il garde son martinet à la main et a toujours un air menaçant. Bref c’est un sale type !

 

Origine :

Le Père Fouettard serait en fait le boucher de la légende du Saint Nicolas, celui qui aurait assassiné et découpé les trois enfants (toujours aussi sympathique cet homme !). Pour lui faire regretter son méfait, saint Nicolas l’aurait condamné à l’accompagner lors de sa distribution de récompenses, en lui assignant la tâche de punir les enfants désobéissants.

De là où je suis originaire (du nord de l’Alsace), on l’appelle le Hans Trapp. De son vrai nom Hans von Totha (1450-1503), il était un chevalier maréchal au service des princes-électeurs et comtes du Palatinat rhénan (région de l’Ouest de l’Allemagne appelée Pfalz ou Rheinpfalz en allemand) chargé de récolter les impôts locaux auprès de la population (et les piller au passage). Il eut une forte et longue querelle avec l’abbé d’une petite ville du Nord de l’Alsace du nom de Wissembourg (que je connais très bien…:-)) concernant la propriété du château de Berwartstein où il résidait.

 

Avec mes yeux d’enfant… :

Moi, le Père Fouettard n’est jamais venu me rendre visite car j’ai toujours été sage, na ! :-p En réalité je n’ai pas le souvenir que nos parents ou les petites écoles insistaient beaucoup ou mettaient en scène le Hans Trapp (et on peut les comprendre). En revanche, j’ai toujours entendu parler de cette légende et l’histoire du Hans Trapp. Suffisamment pour me faire un peu flipper quand j’étais gamine…

Aujourd’hui :

Comme pour le Saint Nicolas, on aperçoit toujours le Père Fouettard sur un char lors des cortèges du début du mois de décembre. Il tient généralement prisonnier quelques enfants dans des cages sur sa cariole et s’amuse à effrayer le public. Il claque son fouet ou ses chaînes, racle le sol en se déplaçant, jauge de très près les spectateurs d’un air menaçant.

Voici une photo de ce cher ami (pour pouvoir l’éviter le plus possible !) :

photo article Noël Alsace 4

Le château de Berwartstein, dans lequel le Hans Trapp a vécu et fini ses jours existe toujours aujourd’hui. Il est habité, ouvert aux visites et abrite un restaurant dans l’ancienne salle des chevaliers. Situé dans le Bas-Rhin, sur les hauteurs de la commune d’Erlenbach (nom allemand) ou Albé, il a été plusieurs fois l’objet de promenades en forêt avec ma famille et l’occasion de découvrir le patrimoine et l’histoire de notre coin natal.

Voici son château aujourd’hui :

Berwartstein

 

C’est sur cette note effrayante que s’achève cette première partie d’un Noël en Alsace ! J’espère vous avoir appris des choses et que vous avez pris du plaisir à découvrir comment l’on réveillonne par ici ?

 

Venez me le dire dans les commentaires ci-dessous…
Et partagez l’article si vous l’avez aimé !

Je vous invite à (re)découvrir les autres articles que j’ai dédié à Noël en Alsace :

Je vous souhaite des très belles fêtes de Noël !


Vous avez un projet de fête en tête ?
Vous aimeriez réunir vos proches pour une occasion et créer des moments et souvenir heureux avec eux ?
Mais vous auriez besoin d’aide dans les étapes d’organisation, dans les idées originales à trouver, ou encore pour rester dans le bon état d’esprit de plaisir et de sérénité par rapport à sa préparation ?
Vous aimez le concept de Maudus et adhérez à cette idée de co-création festive à distance pour être fier(e) de vous au bout du chemin 🙂 ?
Vous avez déjà consulté mon programme en ligne et mes forfaits mais vous hésitez ?

Faites-moi une demande de séance découverte gratuite et sans engagement.

Nous nous rencontrerons sur Skype, parlerons de votre projet de fête et de vos obstacles. N’hésitez pas, il parait que je suis aussi sympa que j’en ai l’air 😄 !

photo_maude_alias_maudus_3

Reçevez mes 3 habitudes de Vie indispensables à mon bonheur (que je vous recommande !)

Signup now and receive an email once I publish new content.

Pas d'inquiétude, je déteste les spams et vous pourrez vous désabonner à tout moment.